Jean Pierre FAVRE

LA PEINTURE DE JEAN-PIERRE FAVRE

Que dit l’artiste de lui-même ? Modeste, il affirme : « Je ne suis pas un génie, ni un peintre qui invente. Je cherche un compromis sans compromission ».
Comment caractériser son œuvre ? L’artiste utilise trois modes d’expression:
Le dessin tout d’abord, avec une référence permanente à Ingres selon lequel « le dessin est la probité de l’Art ».
La peinture ensuite, gouache, huile ou techniques mixtes.
la sculpture.
Il y a deux manières de parler de Jean-Pierre Favre selon que l’on prend en compte seulement les œuvres produites avant son arrivée au Maroc, sa Maison bretonne, sa Maison du sel ou, plus au sud ses Cabanes à Oléron ou son Matin à Saint-Trojean- les-bains ou l’ensemble de sa production jusqu’à aujourd’hui. Dans le premier cas, on parlerait plutôt de néo-impressionnisme. Dans le second cas, on évoquerait un peintre devenu « orientaliste ». Ces deux catégories sont toutefois très discutables. On constate d’emblée un héritage, même s’il est assez complexe. Et il se réfère à l’état de la peinture tel qu’il se présenta à la fin du XIXe siècle. Le peintre l’avoue : « je suis resté français dans ma façon de sentir la peinture. » Et c’est parfaitement vrai.
Certes, il y a de réelles différences entre les deux périodes de sa vie de peintre avant ou après son arrivée à Fès. Elles concernent la lumière et une continuité évidente qui porte sur le thème principal de l’œuvre. Autrefois, le peintre représentait des fleurs comme ses anémones, ce qu’il ne fait plus aujourd’hui. Il utilisait autrement la lumière et sa palette était très atténuée si on la compare à sa palette d’aujourd’hui qui utilise plusieurs tonalités de rouges assez vifs, ce qui fait qu’on aurait actuellement tendance à le ranger parmi les Fauves. « En France, je ne peux pas peindre car il n’y a pas de lumière, a avoué récemment le peintre. » Mais il y a un point commun qui
traverse toute son œuvre, un intérêt primordial pour les bâtiments ou les constructions humaines qui relègue les êtres humains au second plan ou qui ne les utilise, comme chez Majorelle, que pour donner les échelles ou pour créer les impressions de profondeur….

Jean François Clément

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