Mohamed ATAALLAH

..A «ISSAOUA», peinte entre 1954 et 1958, Ataallah a choisi un thème pour lequel Bertuchi avait une prédilection, et il a utilisé la même tonalité de palette, toutefois, son traitement de la foule et de cortège est plus spontané, impressionniste et naïf. Dominée par le blanc et les formes architecturales cubiques, entaillée de fenêtres rectangulaires, jalonnée d’arcs sensuels, et couronnée de toits pyramidaux, exécutée en couleurs primaires fortes, la toile pourrait être considérée comme le précurseur des sculptures et toiles abstraites postérieures d’Ataallah. Mais elle ne l’était pas. C’était extraordinairement contemporain! Pendant la même année où il a achevé «ISSAOUA», il a peint «HORIZONS GRIS», un travail géométrique abstrait d’une maturité surprenante pour un artiste de tout âge, encore moins pour un artiste qui venait d’avoir 21 ans, et il a commencé simultanément à travailler sur «COLLAGE INFINI 2» et son premier chef-d’œuvre de sculpture «BOIS ASSEMBLE». Il avait déjà attiré l’attention du chroniqueur social et critique d’art de «THE TANGIER GAZETTE AND TIMES OF MOROCCO» James Joyce. Dans un rapport publié le 14 Novembre 1958, Joyce écrivait : «J’ai rencontré un jeune artiste Maure dénommé Ataallah, originaire de Ksar El Kébir, il peint les toiles d’huile les plus attractives, intelligentes et excessivement colorées, et il a fait le souhait de révolutionner ses idées sur la décoration d’intérieur, le style et la peinture. Cette réussite se concrétisera éventuellement du moment que l’on peut prédire !»..

Extrait de « CONCERNANT ATAALLAH, PEINTRES, PROPHETES ET PROFITEURS »
ANDREW CLANDERMOND et DR. TERENCE MacCARTHY
Critiques d’art
Octobre 2009

Galerie